Contes, mythes et légendes,
"Manifestation vivante de la Vie Unique",
dits par Régor au gré de la Vouivre

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Sur terre, les mœurs, les religions et les coutumes partout diffèrent. Chacun vit selon les colorations que la Vouivre du lieu impose aux minéraux, aux végétaux, aux animaux tout comme aux humains. La Vouivre, c’est l’Energie de la Terre Mère, organisme ô combien vivant, surtout depuis que la petite araignée mâle Anansé l’a fécondée de ses cendres! C’est une vérité que tant de nos contemporains ignorent ou récusent au nom de leurs rêves mentaux, de la raison, de révélations incomprises et déformées….
Partout, les hommes ont eu le besoin d’adorer les dieux : ce sont la personnification des forces de la Nature, vivant elles aussi en fidélité au Créateur, comme la Terre. Alors, la question est posée dans cet enseignement traditionnel oriental :
 

 

QUI FAUT-IL ADORER ?

 
 
Dans les temps anciens, les plus grands Sages de la Terre se réunirent afin de réfléchir ensemble et de voir si tous les peuples de la Terre pouvaient rendre un seul et même culte pour honorer le Créateur.
L’un des Sages, venu de Perse, dit :
- Il me semble que c’est au Soleil que nous devons tous rendre un culte. Il est notre lumière et notre chaleur. Sans lui, nous sommes plongés dans la nuit totale et dans le froid glacial. La vie ne peut se maintenir sans son rayonnement bienfaisant. C’est pourquoi le peuple de mon pays adore depuis toujours le divin Soleil et rend un culte au Feu qui est à son image. 
 
Mais l’un des Sages, venu des bords de l’Indus, lui répondit :
- Certes, ce que vous dites est vrai et admirable, mais néanmoins chacun voit que la chaleur torride du Soleil transforme la Terre en désert. Toute vie disparaît sous sa chaleur accablante. Le Feu cause l’incendie dévastateur. Qui peut survivre sans la pluie bienfaisante ? C’est pourquoi nos peuples adorent depuis toujours avec juste raison la Pluie qui féconde la Terre. 
 
- Précieuse est la chaleur du Soleil, et bienfaisante la Pluie qui féconde la Terre, dit un Sage venu de l’Extrême-Orient, mais c’est cette dernière que mon peuple adore. Les pluies trop abondantes détruisent les récoltes, les crues des fleuves inondent nos villages. C’est la Terre qui nous donne en abondance nourritures, vêtements et tout ce qui est nécessaire à la vie. Elle est notre Mère, et c’est elle que nous devons adorer en toute justice. 
 
- Si le Soleil torride brûle la Terre, si les orages dévastent les récoltes, la Terre nous est-elle toujours propice ? Non pas ! Elle tremble parfois sous nos pas ou bien elle vomit le feu destructeur sans que nous puissions faire quoi que ce soit. Elle ne mérite pas qu’on lui rende un culte ! Chez nous la Terre est stérile et ingrate ; nous tirons notre subsistance de la mer. Aussi mon peuple adore-t-il le Vent, dit un autre Sage venu des Iles du Nord. Comment naviguerions-nous sur les vastes océans si les vents ne nous étaient pas favorables ? Le Vent n’est-il pas comme le Souffle qui féconde toute chose ? 
 
Alors le plus jeune d’entre eux prit la parole :
- Sans le Soleil, la vie est impossible sur Terre et pourtant, il arrive qu’il soit destructeur.
La Pluie est bienfaisante et sage. La vie a surgi du fond des océans et l’eau, c’est la vie. Pourtant, elle peut devenir furieuse et dévaster tout sur son passage.
La Terre est bien notre Mère, mais elle aussi peut se révéler destructrice et meurtrière.
Le souffle du Vent amène le nuage, pousse la barque, répand au loin les  semences de la vie. Mais sa furie est dévastatrice.
Il n’est rien ici-bas qui ne porte et la vie et la mort, ces deux faces inséparables de la création. Tout ce qui naît de la Terre, de l’Air, de l’Eau et du Feu prend forme un instant avant de se dissoudre. Mais il est une substance unique qui tisse toutes choses. Elle donne cette illusion qu’est la vie ainsi manifestée.
Que chacun continue à vivre selon sa coutume en voyant que « sa » vérité n’est pas « LA » vérité. Les puissances de la Terre, de l’Air, de l’Eau et du Feu se conjuguent sans cesse pour produire l’apparence des choses. Mais d’où viennent-elles ? Nul ne le sait ! 
 
C’est alors qu’un très vieux Sage, le plus vieux sans doute d’entre eux, un vénérable vieillard à la peau ridée par les ans dit :
- C’est pourquoi mon peuple adore depuis les temps immémoriaux, le Grand Esprit qui est le créateur de l’unique substance qui prend apparence de Feu, d’Eau, d’Air ou de Terre. C’est Lui qui nous donne une part de Son Intelligence pour connaître et comprendre.
Il a mis au cœur de chaque grain de matière de l’unique substance un germe, une parcelle d’Amour.
C’est le Souffle de Son Amour qui crée, conserve et détruit afin que toujours, toute chose soit neuve à chaque aube nouvelle.
Des myriades de mondes naissent et meurent à chaque instant, mais toujours Amour demeure.
Gardez ce secret en vos cœurs. Ne le révélez qu’à ceux qui peuvent en être dignes et laissez vos peuples suivre leurs anciennes coutumes. Les hommes ne sont pas encore prêts à ouvrir corps, cœur et intelligence aux merveilles de la Vie, à l’Amour unique, immarcescible, voilé par l’illusion des formes. Un jour viendra…
 
 
L’homme véritablement « FORT » n’est-il pas  celui qui a la maîtrise des quatre éléments comme il est indiqué à ceux qui savent décrypter ce mot par la Langue des Oiseaux en prononçant chaque lettre ?
Là, chacun se limite à l’adoration du dieu, de l’énergie, qui le concerne davantage dans le milieu où il évolue. A ceux qui peuvent s’ouvrir davantage, la possibilité est toujours donnée de repousser leurs limitations.
AMOUR se disait Amor en vieux français. A vous de trouver ce que dirent maints « trouvères »…A-Mor…
 
Quant à savoir ce qu’est la création, qui est le Créateur, voici un conte qui nous ramène à quelque modestie !



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