Contes, mythes et légendes,
"Manifestation vivante de la Vie Unique",
dits par Régor au gré de la Vouivre

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« La Grotte du Lait » à Bethléem


 

 

 

     « A l'extrémité méridionale de la colline autour de laquelle tournait le chemin qui conduisait dans la vallée des bergers, se trouvait, indépendamment de plusieurs autres grottes ou caves creusées dans le roc, la grotte où Joseph chercha un abri pour la sainte Vierge. L'entrée, tournée au couchant, conduisait par un passage étroit à une espèce de chambre, arrondie d'un côté, triangulaire de l'autre, située dans la partie orientale de la colline. La grotte était creusée dans le roc par la nature ; seulement du côté du midi où passait le chemin qui conduisait à la vallée des bergers, on avait fait quelques réparations au moyen d'une maçonnerie grossière.

     De ce côte ; qui regardait le midi, il y avait une autre entrée. Mais elle était ordinairement bouchée, et Joseph la rouvrit pour son usage. En sortant par là, on trouvait à main gauche une ouverture plus large qui conduisait à un caveau étroit, incommode, placé à une plus grande profondeur et allant jusque sous la grotte de la Crèche. L'entrée ordinaire de la grotte de la Crèche regardait le couchant. On pouvait voir de là les toits de quelques maisons de Bethléem. Si en sortant par là on tournait à droite, on arrivait à l'entrée d'une grotte plus profonde et plus obscure, dans laquelle la sainte Vierge se cacha une fois. »

 

http://209.85.129.132/search?q=cache%3AlUWhGtGXLFwJ%3Ahttp://catholiquesdu.free.fr/ACM/LAVIEDELASAINTEVIERGE/50.htm

 

 

 

 

Conte de « la grotte du lait »

conté la nuit de Noël à Jérusalem,

après en avoir reçu l'inspiration

à Bethleem
 ,

 

      « Pourquoi, à Bethléem, y a-t-il, à quelque distance de la Grotte de la Nativité où naquit l’Enfant Jésus, une seconde grotte appelée la Grotte du Lait ? Le savez-vous ?

Les nombreux pèlerins qui s'y rendent le savent-ils ? Il ne semble pas.

      C'est ce que je vais vous conter en ce jour de Noël.

     Il y a deux mille ans, à Bethléem, vivait un pauvre fou, pauvre entre les pauvres, le fou du village en quelque sorte, le simple d'esprit. Les gens le respectaient et le craignaient tout à la fois. Il y avait ainsi, avant, un fou dans chaque village. Celui-ci partageait la litière de sa vache, son seul bien, et s'abritait du froid et de la pluie, avec elle, dans une sorte de grotte, ou plutôt d'abri rocheux. Il mendiait son pain et le lait de sa vache lui fournissait l'essentiel de sa nourriture. 

      Ce que je vous conte se passait il y a très exactement deux mille ans puisque, comme chacun sait, le moine Bède le Vénérable, chargé par le pape en l'an six cent soixante six - notez-le bien- de mettre au point le calendrier chrétien, se trompa dans ses calculs d'exactement trois années. Pourquoi Dieu qui inspire toutes choses permit-il cette erreur ? Nul ne le sait.

     Il y a donc très exactement deux mille ans, vivait à Bethléem un pauvre d'entre les pauvres, pauvre de bien et pauvre d'esprit.

     Lorsque Marie, sur le point d'accoucher, et Joseph, qui prenait si grand soin d'elle, arrivèrent en ce lieu, ils furent chassés, c'est vrai, des hôtelleries qui refusèrent de les recevoir.

     Mais il n'est pas vrai que personne ne les accueillit !

    Non, non, les pauvres toujours accueillent les pauvres, et ce fut lui, le pauvre fou du village, qui, les voyant démunis et désemparés, les accueillit dans sa grotte.

     Il mit de la paille propre dans la mangeoire, ramassa du bois pour allumer le feu, leur prêta son chaudron pour faire chauffer de l'eau. L'eau chaude était bien nécessaire...

    Il attacha l'âne à côté de sa vache et lui, cette nuit-là, alla dormir à la belle étoile.

     Ah ! Qu’elle était belle l'Etoile qui brilla cette nuit-là au-dessus de sa grotte !

     Dans son rêve un ange le visita, sans doute celui-là même qui avertit les bergers. Cet ange lui dit :

     - Dans ta grotte est né, cette nuit, le Fils de David qui apporte le salut à Israël ; il est né de la Vierge Marie.

     Alors lui, le pauvre fou - et c'est bien là la preuve qu'il était fou - il s'en alla au matin dans les rues de Bethléem en criant :

     - Cette nuit, dans ma grotte, est né le Fils de David ; il est né de la Vierge Marie. L'Ange de Dieu me l'a dit !

     Alors, on le chassa, on lui jeta des pierres.

     - Va-t-en, pauvre fou ! Cesse de dire des sottises !

     Lui insistait et répétait à tous vents :

     - Cette nuit, dans ma grotte, est né le Fils de David ; il est né de la Vierge Marie ; l’Ange de Dieu me l'a dit. Venez voir comme il est beau et comme sa mère est belle !

    On le chassa du souk, on le chassa du village. Il revint à la grotte en pleurant. Il ne comprenait pas. C'était un simple d’esprit.

      Les Evangiles ne disent rien de cet homme, personne n'a retenu son nom. Les Evangiles ne peuvent pas tout dire... C'est toujours ainsi pour les pauvres. Mais je vous assure, moi le Conteur qui conte depuis la nuit des temps les légendes qui tissent le destin des humains, qu’il y eut bien un pauvre d’entre les pauvres pour accueillir Joseph et Marie en cette nuit de Noël, il y a de cela très exactement deux mille ans. Le même Ange qui visita son rêve me l’a dit en songe.

     Il avait tant crié, le pauvre fou, dans les rues du village ! Quelques curieux vinrent voir ce qui se passait dans la grotte qu’il occupait. Ils virent, entre l'âne de Joseph qui avait porté Marie jusque-là et la vache du pauvre fou, dans la mangeoire, un enfant nouveau-né qui souriait. Ils se moquèrent du pauvre fou, de Marie et de Joseph !

     - Est-ce là le Fils de David ? Pauvre fou que tu es, tu te moques de nous !

     Comme leur venue importunait Marie, elle alla, à quelque distance de là, dans une autre grotte, allaiter l'Enfant Jésus afin d'être tranquille.

      C’est pour cela qu'on appelle encore aujourd'hui cette grotte de Bethléem, « la Grotte du Lait ».

     Les habitants de Bethléem n'ont pas retenu le nom de ce pauvre homme, mais ils savent encore, deux mille ans après, que la Vierge Marie se réfugiait dans cette grotte isolée pour donner le sein à cet Enfant nouveau-né venu apporté l’exemple de sa Vie aux hommes. »

 Conte écrit à Bethléem le jour de Noël 1997.Extrait de : Régor (Robert Mougeot), Contes qui coulent de Source, Editions EDIRU, 2006


 

Les Pères franciscains ont construit depuis peu une église sur ce lieu.
 
http://www.custodia.org/spip.php?article289

AVM

 



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