Contes, mythes et légendes,
"Manifestation vivante de la Vie Unique",
dits par Régor au gré de la Vouivre

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Souvent Merlin, lui, ne disait rien, ou bien poussait des grognements incompréhensibles. La sagesse du Fou divin est déroutante, ses réponses déconcertantes pour qui est dans la compréhension ordinaire, banale et conditionnée de son existence ! En voici un exemple dont la trace se trouve chez Attar :
 

L’ÂGE DE MERLIN

 
 
Un druide demanda un jour à Merlin :
- Quel est ton âge ? 
Le Fou de la forêt à l’âme exaltée répondit par cette affirmation stupéfiante :
- J’ai mille et quarante ans. 
Le druide reprit :
- Que dis-tu là ? Quelle inconscience ? Ta folie ne fait que s’aggraver ! 
 
Alors Merlin dit :
- Les mille ans tiennent dans l’espace d’un souffle, celui durant lequel j’ai pu acquérir la Folie. Les quarante ans sont la durée de mon existence qui fut en pure perte jusqu’à ce qu’elle survienne ; ma vie de mille ans a tenu dans cet instant-là !
Pendant quarante ans, je me suis seulement occupé de moi ; j’ai vécu dans la pauvreté en dépit du trésor qu’était ma vie. Mais cet instant où la Folie a pris possession de mon être vaut bien mille ans, car je fus alors sans conscience de moi.
« Lorsqu’on atteint à l’infini de l’être, le reste compte pour rien. »
 
Les gens ordinaires sont enfermés dans leurs croyances et suivent, croient-ils, la raison, et c’est folie ! Ils refusent la dimension magique, inexplicable, incompréhensible de la vie, ils refusent en fait d’entrer dans son mystère et dans le mystère qu’ils sont à eux-mêmes. Ah ! disait don Juan à Castaneda, il faut « perdre le sentiment de sa propre importance ». Nous faisons tous nos efforts pour ne pas vivre et nous consacrons toute notre énergie à des inepties sans nom ! Au demeurant, cela est très bien, s’il y a en nous la conscience que c’est là notre choix ! Alors cela peut devenir la « folie contrôlée »…


 

Simple humour sans conséquence la réponse que fit Nasrudhin à la même question posée par son voisin :
- Nashrudin, quel âge as-tu ?
- J’ai quarante ans.
- Mais Nashrudin, il y a un an à la même époque, tu m’as fait la même réponse !
- Et bien ! Tu vois, je n’ai pas changé d’avis !


 



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