Contes, mythes et légendes,
"Manifestation vivante de la Vie Unique",
dits par Régor au gré de la Vouivre

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Certains luttent, entretenant la guerre. A l’autre extrême, d’autres demeurent passifs, se croyant inutiles. Ils se croient abandonnés, laids et sans intérêt. A celui qui se dévalorise à ses propres yeux, il est conté :
 

 
LE PETIT MORCEAU

DE CARTON
 
 
Il était une fois un Petit Bout de Carton abandonné sous un lit, au milieu des mitons. Il était triste, se sentant laid, sans forme, portant sur lui un vague gribouillis sans aucun sens. Le temps s’écoulait pour lui dans la même morosité qui l’habitait sans cesse.
Or, il arriva qu’un petit soldat de plomb aux couleurs rutilantes roula sous le lit.
- Que tu es beau, lui dit le Petit Morceau de Carton, content de ne plus être seul ! Tu n’es pas comme moi ! Tout le monde doit t’aimer ! Tu vois, moi, je suis triste, abandonné et inutile !
- Ah ! lui dit le Soldat de Plomb, mais c’est toi que Petit Pierre cherche depuis longtemps ! Il est malheureux de ne pas te trouver. Tu lui es indispensable !
- Cela n’est pas possible ! A quoi pourrais-je bien lui servir dans l’état où je suis ?
 
A ce moment-là, Petit Pierre se baissa pour ramasser le soldat de plomb tombé sous le lit et sa main rencontra… le Petit Morceau de Carton.
- Ah ! C’est toi que je cherche depuis si longtemps !
Il le prit délicatement, l’épousseta, l’admira, alla vers sa table où était posé un puzzle. Il ne lui manquait qu’une seule pièce qu’il avait enfin retrouvée !
 
Le Petit Morceau de Carton représentait l’Œil du Tigre !
[1]

 
 

 
Le petit morceau de carton se révèle être tout autre chose que ce qu’il croyait être  dans les apparences, et pas n’importe quoi, mais la pièce essentielle ! Coupé du reste du puzzle divin, chaque pièce n’a plus aucun sens et ne peut se connaître pour ce qu’elle est réellement et le Tout, amputé d’un seul de ses atomes, ne peut connaître sa totale plénitude. Encore faut-il que chaque pièce du puzzle accepte d’être mise à sa juste place et ne veuille pas à tout prix occuper une place qui n’est pas la sienne !
 

[1] - Conte emprunté au répertoire de Jocelyne d’Altéa, « conteresse » - ainsi se désigne-t-elle – qui écrivit cette histoire reprise ici d’une autre façon !

 



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