Contes, mythes et légendes,
"Manifestation vivante de la Vie Unique",
dits par Régor au gré de la Vouivre

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Si l’on vous demande votre avis sur l’une de ces vérités relatives qui entraînent de sempiternelles discussions aussi longues que stériles, voilà le conte que vous pouvez utiliser et qui vaut tous les sermons !
 
 
MERLIN APPELÉ À TRANCHER
 
ENTRE L’ANCIENNE

ET LA NOUVELLE RELIGION

 
 
En ce temps-là, Merlin, pris de folie, hantait les forêts bretonnes. Sa folie parut aux yeux de tous comme une possession par les Esprits. Aussi les notables du village voisin vinrent-ils le trouver pour lui demander comment choisir entre les tenants de l’ancienne religion celte, celle des druides, et la nouvelle religion venue d’Orient qui parlait d’un homme dieu nommé Jésus.
Merlin, perché dans les branches du pommier où il avait coutume de grimper pour enseigner, fit venir des représentants de chacun des partis en cause.
 
En premier, le grand druide exposa les raisons de rester fidèle aux coutumes, aux rituels et aux croyances druidiques anciennes d’une manière si bien argumentée qu’à la fin Merlin lui dit :
- Vous avez parfaitement raison !
 
A son tour, l’évêque qui propageait la nouvelle religion prit la parole ; il exposa les faits survenus récemment en Palestine et les conséquences qui en découlaient de façon si percutante et si convaincante qu’à la fin Merlin lui dit :
- Vous avez parfaitement raison ! 
 
Alors, un notable qui assistait à la scène et qui avait écouté chacun des orateurs interpella violemment Merlin :
- Si le druide a raison, l’évêque ne peut pas avoir raison !
 
- Vous avez parfaitement raison ! lui dit Merlin.


 

Un bon mot volé pour l’occasion à Mulha Nashrudin ? Une pirouette habile ? Beaucoup ne verront pas plus loin ! Pourtant, aux prétentieux qui prennent leurs vérités pour « la » vérité, le rappel à l’humilité est fait... avec humour ! Dire que c’est Merlin qui passe pour fou ! Que de discussions stériles, d’affrontements qui seraient seulement ridicules s’ils n’aboutissaient pas aux inquisitions, aux guerres, aux massacres, aux génocides et autres tragédies humaines !
 
Il y a peu, dans une petite assemblée où le conteur avait été convié, une discussion jaillit à propos du saint Graal.
Pour l’un, c’était une coupe, celle dans laquelle Joseph d’Arimathie recueillit le sang du Christ lorsque le centurion Longin lui perça le flanc de sa lance.
Pour l’autre personne, le Graal était un diamant.
Ce conte, recyclé pour la circonstance, mit fin très vite à la discussion au milieu des sourires.
Las ! Les occasions ne manquent pas de l’utiliser ! Mais il convainc rarement les obstinés qui acceptent du moins de se taire devant les sourires moqueurs de ceux que la discussion importune mais qui ne savent que dire.

 



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